Tous les chats sont gris…

10 Février 2005

La conduite de nuit

La nuit, même une personne dotée d’une excellente vue perd 5 à 6/10ème. Sans la lumière du soleil, les couleurs sont modifiées, les contrastes inversés, les distances et le relief faussés. Sur une route non éclairée, la vision se limite au faisceau des phares, soit une cinquantaine de mètres seulement avec les feux de croisement.

Avant que les jours ne commencent vraiment à rallonger, Zérotracas.com vous éclaire sur la conduite de nuit.



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"Si on sent des difficultés pour conduire la nuit, c'est qu'on a un problème d'acuité visuelle. Ma fille, qui a une très bonne vue, détestait conduire la nuit. Elle est allé chez l'ophtalmo qui s'est aperçu qu'elle avait besoin de lunettes pour la nuit. Depuis, tout va bien, mais elle n'est pas un cas isolé. On n'est pas objectif sur sa vue et cela peut avoir des conséquences dramatiques : un obstacle vu trop tard, un coup de volant et si une voiture arrive en face...

Donc, il faut s'occuper de ses yeux, mais aussi de ceux de la voiture. Les grosses berlines - quand leurs phares sont propres - bénéficient d'éclairage très performant. Ce n'est pas le cas des citadines, ou des voitures plus anciennes, dont certaines roulent encore en phares jaunes. Il ne suffit pas d'être en règle avec la loi pour bien voir. Alors n'hésitez pas à investir dans des ampoules H4, H7 ou au xénon. Ça change tout. D'autant que les ampoules perdent de leur efficacité avec le temps, et qu'aucune campagne d'information n'en parle.

Pour le reste, serrez et regardez à droite lors d'un croisement, surtout sur une petite départementale, levez le pied et nettoyez l'intérieur du pare brise. Vous verrez, si vous ne l'avez pas fait depuis longtemps, c'est assez impressionnant de crasse. Et surtout, surtout, au moindre signe de fatigue, arrêtez vous."


Le trafic nocturne représente seulement 20% du flot quotidien de voitures. Pourtant, le risque d’accident est multiplié par 2 la nuit. 34% des blessés et 46% des tués sont victimes d’accident de nuit. A cela bien des raisons : celles liées à la perte d’acuité visuelle, plus l’éblouissement, la fatigue, et parfois l’alcool ou la vitesse.
Comme le proclamaient récemment les sociétés d’autoroute « la nuit n’est pas notre élément ; redoublons de vigilance. »

Vol de nuit

Pour éviter les embouteillages et les grosses chaleurs ou pour que les enfants dorment pendant le trajet, certains conducteurs aiment rouler nuitamment. Cela peut se comprendre, mais nécessite de se préparer, car les dangers sont grands.
Au volant, 90% des informations sont visuelles (voir notre article sur la vue). Or, beaucoup d’automobilistes ont une vue défaillante. Il importe donc, surtout après 40 ans, de faire contrôler votre vision par un ophtalmologiste. La nuit modifie le paysage et la perception ; d’où l’importance d’avoir des yeux, corrigés ou non, au top. D’autant que la résistance à l’éblouissement diminue de 50% tous les 12 ans. Chaque véhicule croisé, surtout s’il roule en phare, provoque un éblouissement incapacitant de plusieurs secondes sur des yeux fragiles ou fatigués. Lors d’un croisement, évitez donc de fixer les phares arrivant en face, mais concentrez vous sur le côté droit.

Les autres conseils relèvent également du bon sens : partez reposé (pas après une journée de travail), mangez légèrement, buvez beaucoup (mais pas du tout d’alcool), et renoncez si vous prenez un médicament pouvant entraîner des somnolences. Sur route comme sur autoroute, vous vous arrêterez toutes les 2 heures (au moins) et vous resterez à l’écoute de votre corps. Au moindre signe de fatigue (picotement, crispation, irritabilité, tête lourde…) et surtout entre 2h et 4h du matin où la vigilance est la plus faible, arrêtez vous immédiatement et fermez les yeux au moins 20 minutes. On ne peut pas lutter contre le sommeil et le cocktail café-cigarette n’y change rien. Beaucoup des morts de la nuit en ont grillé une pour se réveiller, avant de s’endormir pour toujours quelques kilomètres plus loin.

Vous avez des feux ?

De nuit, les feux servent à voir, mais aussi à être vu, et ce sans éblouir les autres. Leur usage est codifié par le législateur et tout manquement peut être sanctionné.
Les feux de position (veilleuses) sont autorisés en agglomération, même par temps de pluie lorsque la visibilité est suffisante. Ils signalent aussi un véhicule à l’arrêt sur le bord d’une route, en complément des feux de détresse (warning).
Les feux de croisement (codes) sont de mise dès la tombée de la nuit et, plus généralement, quand la visibilité est inférieure à 150 mètres (pluie, brouillard…). Rappelons qu’une expérimentation d'allumage des feux de croisement de jour hors agglomération est en cours. Moins puissants mais moins éblouissants que les feux de route, il faut s’en contenter lorsqu’on suit ou croise un véhicule.
Les feux de route peuvent s’allumer quand on est seul sur la route. Il n’est pas idiot, sur une route de montagne, de lancer des appels de phare avant d’aborder un virage afin de se signaler.
Les feux de brouillard avant et arrière sont interdits la nuit en l’absence de brouillard, de chute de neige ou de très fortes pluies. 

N’oubliez pas de nettoyer régulièrement vos phares qui, sales, peuvent perdre de 40 à 70% de leur efficacité. Pensez aussi à toujours avoir une boîte d’ampoules de rechange. Enfin, évitez de rouler en laissant allumer le plafonnier de votre voiture qui risque de vous gêner.

En deux-roues

La nuit entraîne les mêmes phénomènes rétiniens (myopie nocturne, éblouissement…) chez le motard que chez l’automobiliste. Le bleu et le jaune notamment disparaissent du spectre. D’où l’intérêt d’être en parfaite possession de ses moyens avant de prendre la route.
Il est évidemment primordial d’être vu : bandes réfléchissantes obligatoires sur le casque, les vêtements et la machine. Ce conseil s’applique évidemment aux vélos, dont trop roulent encore la nuit sans le moindre signalement lumineux.

Pour conclure

La griserie de la nuit, les grandes lignes droites désertes et le sentiment d’être seul au monde portent les germes de l’excès de vitesse.
Attention, les radars fonctionnent très bien la nuit et les limitations sont les mêmes que le jour.
De nombreux accidents nocturnes sont le fait de l’alcool : sortie de bars ou de boîtes, retour de dîners arrosés. L’alcool modifie la perception du paysage que la nuit modèle déjà autrement. Encore plus la nuit que le jour, c’est celui qui ne boit pas qui conduit.

Bonne nuit.

Vous avez des doutes sur votre conduite de nuit ? Passez impérativement le FLASHTEST !