Les gestes qui sauvent
22 Mars 2005
Etre témoin d’un accident

Vous rouliez tranquillement sur une route déserte, ceinture attachée, sans avoir bu une goutte d’alcool et en respectant les limitations de vitesse. Soudain, devant vous, la catastrophe : un accident, grave, avec des blessés.
Zérotracas.com vous indique la marche à suivre pour agir efficacement en respectant trois règles simples : protéger, alerter, secourir.
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« C’est un vieux projet de former les conducteurs au secourisme, ce qui se fait pour chauffeurs de bus. En attendant, si vous avez suivi une formation, même il y a très longtemps, n’hésitez pas à vous en servir (massage, ventilation, PLS...) en cas d’urgence. Mais pensez toujours à ne pas nuire et à suivre les conseils donnés dans l’article : surtout ne pas déplacer les victimes sauf en cas de danger immédiat, les rassurer et les protéger du froid. |
La loi vous oblige à vous arrêter et punit la non-assistance à personne en danger – mais pour faire quoi ? L’intervention d’un témoin peut être déterminante et même sauver des vies.
Les secondes qui suivent un accident sont des instants critiques ; c’est là que tout peut déraper avec le principal danger : le sur-accident. Il convient donc avant toute chose de vous garer le mieux possible et de signaler l’accident aux autres usagers qui viendront (espérons le) vous aider. Tous les moyens sont bons : warnings, triangle de signalisation, voiture postée avant et après l’accident (pour les usagers venant en sens inverse), lampe torche, klaxon... Certains de ces équipements (gilets fluorescents, triangles) sont obligatoires dans certains pays comme l’Italie ou l’Espagne et le seront sans doute bientôt en France. Mais vous n’êtes pas obligé d’attendre la loi et ils sont aussi très utiles pour changer une roue de nuit.
Une fois l’accident balisé, on est sûr que d’autres véhicules ne viendront pas s’imbriquer dans l’accident originel et c’est déjà énorme. Ensuite, il faut agir vite tout en gardant son calme.
Protéger.
Après avoir signalé l’accident, essayez de comprendre la situation : y a t-il des personnes en danger ? Un risque d’incendie ? Des véhicules sur la chaussée ?
S’il n’y a pas d’autres urgences absolues, coupez le contact de tous les véhicules impliqués pour éviter les courts-circuits (avec beaucoup de prudence si de l’essence est répandue sur la chaussée). Si vous vous en sentez capable et qu’aucune fumée ne s’échappe du moteur, débranchez la batterie.
S’il y a des blessés, et même si la règle de base est d’éviter de les déplacer, il est hors de question de ne pas les mettre à l’abri d’un danger immédiat : on ne laisse personne dans une voiture en flammes ! Sur route ou autoroute, à moins que la circulation soit interrompue, mettez à l’abri les personnes allongées sur la chaussée. Agissez avec délicatesse, mais portez-les derrière les barrières de sécurité et placez les en position latérale de sécurité (P.L.S. ; voir schéma).
En cas de début d’incendie, tentez de le circonscrire à l’aide d’un extincteur (mais n’utilisez jamais d’eau : risque de court-circuit). Ne soulevez pas le capot. Pulvérisez par la calandre ou sous le moteur. Si l’incendie est déjà déclaré, contentez vous d’éloigner les blessés de la voiture en feu. Vous n’en viendrez pas à bout avec votre petit extincteur et le véhicule risque d’exploser (surtout si c’est une voiture au GPL). Mais ne paniquez pas, même si les flammes sont franches, ça va moins vite qu’au cinéma. Évidemment et dans tous les cas, interdisez à quiconque de fumer.
Si des véhicules encombrent la chaussée, vous pouvez les déplacer à moins que la manœuvre ne soit dangereuse. Vous immobiliserez les autres en mettant le frein à main, en enclenchant une vitesse ou en posant une cale.
Faisons le point : l’accident est balisé, les victimes sont à l’abri, les moteurs sont coupés, les débuts d’incendie maîtrisés. Vous pouvez passer à la phase 2 : prévenir les secours.
Prévenir.
Phase 2, c’est une façon de parler, car il est impératif de prévenir les secours le plus rapidement possible. L’un de vos passagers peut s’en charger pendant que vous vous occupez du reste. Mais ne laissez pas votre petit dernier téléphoner seul aux pompiers !
Sur autoroute ou dans un tunnel, appelez à partir d’une borne d’urgence. Elles sont orange et placées tous les 2 kilomètres. Vous êtes donc forcément à moins de 1000 mètres de l’une d’elles. Leur utilisation permettra au secours de situer instantanément l’accident et d’intervenir de façon plus efficace. Si vraiment, vous ne savez pas où trouver une borne d’appel, commencez par utiliser votre portable.
Sur route, il y a parfois des bornes d’appel, mais c’est souvent le portable qui s’impose. On peut, à partir d’un téléphone fixe, même suspendu, ou d’un portable, même démuni de sa carte SIM, téléphoner aux numéros d’urgence. Dans les cabines téléphoniques, ces numéros sont gratuits.
SAMU : 15
Police : 17
Pompier : 18 (les premiers à prévenir)
Toute urgence : 112. Ce numéro est valable dans toute l’Union Européenne. Votre appel sera aiguillé vers les services concernés.
Lorsqu’on vous répondra, soyez calme et précis sans vous noyer dans les détails :
- Lieu de l’accident (nom de la voie ou de la rue, point kilométrique…)
- Nombre et type des véhicules impliqués
- Nombre, situation (ex : prisonnier de son véhicule) et état apparent des victimes :
- Conscient / inconscient
- Respire / a des difficultés à respirer / ne respire pas
- Pouls (à sentir au creux du poignet) / pas de pouls
- Bouge ses 4 membres
- ne bouge pas
- Saigne / ne saigne pas
- Semble s’affaiblir / stable
- Facteurs aggravants (essence sur la chaussée, incendie, véhicule tombé à l’eau, odeur suspecte…)
Sachant précisément le « Où ? » et le « Quoi ? » de l’accident, les secours vont pouvoir s’organiser. Une sortie de route et quelques contusions, c’est une dépanneuse et un camion ; 20 voitures encastrées dans un poids lourd, c’est le Plan Rouge !
Ne pensez jamais que les secours sont déjà prévenus. Si c’est le cas tant mieux, mais mieux vaut 2 appels qu’aucun, et pensez à guetter l’arrivée des gyrophares (ex : une personne agitant un blouson rouge vous attend pour vous guider jusqu’à l’accident)
Secourir.
En attendant les secours, vous allez vous occuper des blessés. Mais, à moins que ce ne soit votre profession, ne jouez pas les médecins. À défaut de secourir, il convient de ne pas nuire.
Sauf en cas de danger imminent (incendie…), laissez les où ils sont et couvrez les : un blessé se refroidit vite et le froid aggrave ses blessures. Parlez aux victimes pour les maintenir dans un état de conscience en les rassurant. Tentez de les mettre dans une position « confortable » en calant, par exemple, une jambe cassée. Libérez la respiration en desserrant les cols et cravates et, moins facile, en retirant de la bouche de la victime d’éventuels débris. Et demandez aux badauds de s’éloigner ou de vous aider.
Ne retirez sous aucun prétexte le casque à un motard accidenté. Ne donnez ni à boire ni à manger à un blessé. Ne retirez pas les vêtements à un brûlé. Vous pouvez en revanche l’arroser d’eau froide afin de rafraîchir son corps.
Après vous être occupé des blessés visibles, demandez leur combien ils étaient dans chaque véhicule. Et partez à la recherche des personnes qui ont pu être éjectées d’une voiture sur le toit.
Le brevet de secouriste n’étant (malheureusement) pas obligatoire, vous n’avez pas forcément les connaissances nécessaires pour avoir les bons gestes. Cela dit, il y en a deux principaux : la position latérale de sécurité et la compression d’une plaie. Pour cette dernière, c’est assez simple. Si la victime saigne abondamment, vous appuierez sur la plaie avec votre poing enroulé dans un linge propre afin de ralentir l’hémorragie.
La position latérale est plus compliquée. Il ne faut jamais laisser sur le dos une personne inconsciente car elle risque de s’étouffer avec sa langue ou ses vomissements. En la plaçant sur le côté, on maintient ses voies respiratoires ouvertes.
Les circonstances aggravantes.
Avant de jouer les héros en vous lançant à corps perdu dans le sauvetage des victimes, évaluez les risques.
Outre l’essence qui coule, les odeurs suspectes et les risques d’incendie (ou d’explosion si l’un des véhicules roule au GPL, ce qui n’est pas toujours évident à repérer), soyez très vigilant, et particulièrement si des poids lourds sont impliqués dans l’accident.
Regardez les plaques : une plaque orange avec 33/1203 signale un produit dangereux. Dans ce cas, invitez tout le monde à s’éloigner. Demandez au chauffeur (s’il est en état de vous la donner) la nature de son chargement et signalez la aux secours.
Conclusion
Selon l’article 223-6, si vous ne vous portez pas au secours d’une personne en danger, soit par vous-même, soit en prévenant les secours, vous êtes passible d’une peine allant jusqu’à 5 ans prison et 75 000 €.
Outre ces menaces légales, il est évident, ne serait ce que pour continuer à pouvoir se regarder dans la glace le matin, qu’il faut intervenir lors d’un accident.
Cette solidarité de la route est évidente, et nous espérons vous avoir donner quelques pistes pour être plus efficace. Et tant que vous y êtes, passez donc le brevet de secouriste.













