Des coups de pédales dans la cité.
18 Septembre 2007
Le vélo en ville et en sécurité.

Le déploiement des Vélib à Paris (après les Vélov lyonnais et d’autres expériences de vélos en libre-service en région) ont donné un coup d’accélérateur aux déplacements urbains en bicyclette. Tant mieux pour nos villes polluées et engorgées, et aussi pour nos petits corps que la pratique du vélo entretient.
Contrairement aux idées reçues, qui rebutent nombre de personnes, pédaler en milieu urbain n’est pas si dangereux… à condition d’y être préparé, et de respecter certaines règles.
Alors avant d’enfourcher un vélo public ou de ressortir votre vieille bicloune dans l’univers impitoyable de la circulation urbaine, Zérotracas.com vous a distillé quelques conseils et vous donne rendez-vous le 24 septembre pour une grande journée du Vélo0tracas.
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Jean-Paul, membre de MDB 94 : « Les cyclistes occasionnels doivent faire attention à des détails pour éviter de mauvaises surprises. Par exemple, bien attacher les lacets qui peuvent se prendre dans la chaîne. Idem pour les pantalons larges : pince à vélo obligatoire ! Et penser aussi à attacher les cheveux longs : un coup de vent et on ne voit plus rien. » |
Pour et contre.
Économique, rapide, non polluant, sain, silencieux, la bicyclette est le mode de déplacement urbain idéal. Pourtant, certains n’osent pas se lancer. Parmi les raisons évoquées : le vol (il suffit d’un bon antivol et d’un peu de bon sens) et la peur de l’accident. On ne va pas vous dire qu’il n’y a aucun risque à pédaler en ville. Mais sachez que le vélo demeure le moyen de transport le plus sûr pour une simple raison : il ne va pas vite. Le nombre de cyclistes tués était de 181 en 2006, dont les deux tiers sur des routes de campagne, souvent lors d’une pratique sportive du vélo. Mais il est vrai que ce chiffre stagne, voir augmente depuis quelques années… donc la vigilance est de mise. En ville, le vélo reste plutôt sûr, à condition de faire attention et d’être nombreux. En effet, il est prouvé que plus il y a de vélos, moins il y a d’accident. Alors, tous en selle !
Les dangers urbains…
La rue est pavée de mauvaises intentions pour se faire mal tout seul. La chute reste l’accident – souvent sans gravité – le plus fréquent en vélo. Gravillons, feuilles mortes, plaque d’égout, flaque d’huile, trottoirs, rails de tram, ou tout simplement un mauvais freinage, peuvent envoyer valdinguer monture et pédaleur. Alors regardez loin devant et voyez où vous mettez vos roues.
D’autres dangers, dus aux usager de l’espace urbain, guettent le cycliste : voitures pressées, scooters sauvages, poids lourds aveugles et piétons lunaires. Le choc arrière est un grand classique, tout comme les accidents au croisement, lors d’un refus de priorité. Le dépassement rasant (on vous frôle alors que vous roulez tranquillement) est toujours inquiétant et parfois dramatique, notamment pour les cyclistes novices ou très jeune qui peuvent faire des embardées. Autre grand piège de la ville : la portière de la voiture en stationnement qui s’ouvre devant votre roue, ou le piéton qui descend du trottoir sans regarder.
Enfin soyez très vigilant sur les angles morts, notamment avec les bus et les camions. De leur perchoir, les conducteurs ne vous voient pas, surtout si vous les serrez trop ou si vous commettez l’imprudence de les doubler par la droite, ce qui est formellement interdit. Gardez toujours vos distances pour pouvoir réagir.
Et les solutions pour les éviter.
Le 24 septembre sur Paris, lors de notre journée « vélo0tracas », 100 000 tracs inviteront les cyclistes à être « bien vus, bien informés (vous être en train de le faire), bien protégés » et rappelleront quelques règles de base.
La première, c’est de suivre le code de la route : s’arrêter au feu rouge, connaître les panneaux (voir notre zoom sur les panneaux propres aux cyclistes), respecter les priorités, ne pas avoir bu ni consommé de stupéfiant, rouler à droite mais dépasser par la gauche, ne pas zigzaguer entre les voitures, ne pas emprunter les sens interdits ni les trottoirs, toutefois tolérés pour les cyclistes de moins de 8 ans. Hé oui : la loi s’applique au guidon comme au volant. Ainsi, il est interdit de téléphoner à vélo, et tout manquement peut être puni d’une amende de 22 €. Attention : la police a reçu des consignes et n’hésite plus à verbaliser les contrevenants cyclistes (sans perte de point s’ils ont le permis).
L’autre grande règle, c’est d’être visible et prévisible. Par visible, nous entendons d’abord rouler sur un vélo équipé de lumières (obligatoires à l’avant et à l’arrière), de catadioptres sur les roues, les pédales et l’arrière du véhicule. Ça, c’est la base. Mais nous vous conseillons aussi le gilet réfléchissant (nous en offrirons 10 000 à Paris le 24 septembre), à défaut le port de vêtements clairs, d’un brassard et de pinces à vélo photo réactifs.
Mais être visible, ce n’est pas être vu. Même déguisé en sapin de Noël, vous devez, notamment lors des intersections, établir un contact visuel avec les autres usagers de la route. Regardez-les pour être sûr d’être vu.
Ce conseil de comportement s’inscrit déjà dans la prévisibilité en vélo. Il est important de communiquer vos intentions à ceux qui vous suivent, vous croisent ou vous précèdent. Soyez clair dans vos intentions : lorsque vous tournez, tendez le bras pour le signaler. Lors d’un arrêt au feu, placez vous devant les autres véhicules (il existe parfois des sas pour les cyclistes) et signalez ce que vous comptez faire (tourner, aller tout droit…). De manière générale, essayez d’être prévisible dans vos déplacements, et de vous imposer, éventuellement d’un coup de sonnette (obligatoire sur tous les vélos).
Car vous avez le droit d’être sur la route et de rouler à plus d’un mètre du trottoir (pour éviter le caniveau et les portières qui s’ouvrent sans prévenir). Tant pis si derrière ça klaxonne. Les voitures peuvent attendre et ce ne sont pas les vélos qui leur font perdre du temps en ville.
Lors de vos déplacements, il est important d’être concentré et ne pas trop rêvasser. Soyez vigilant, des yeux et des oreilles (pas de lecteur audio MP3 !), les mains toujours sur le guidon et prêtes à réagir promptement.
Équiper son vélo pour la ville.
Avant de vous lancer sur le macadam, quelques contrôles s’imposent. Vérifiez ou faites vérifier l’équipement de votre vélo (freins, pneus, sonnette, éclairage, transmission…). Go Sport et Décathlon proposent ce service pour 25€ environ, mais vous pouvez aussi vous adresser à des boutiques de cycles ou des stations de réparation (voir nos contacts en fin d’article).
Deux petits accessoires très simples jouent un rôle important dans la sécurité en ville. D’abord l’écarteur de danger : ce bout de plastique fixé à la gauche du cadre rappelle aux voitures qu’elles doivent laisser un mètre pour vous dépasser. Ensuite le rétroviseur pour savoir ce qui se passe derrière. Un modèle “mobylette“ convient très bien et vous évite de vous retourner trop souvent. Toutefois, n’hésitez pas à tendre l’oreille et l’œil vers l’arrière.
Si vous louez un vélo (on pourra reprocher aux Vélib de ne pas être équipés des deux éléments cités plus haut), regardez son état avant de l’enfourcher et pensez à régler la selle : vos pieds doivent à peine toucher le sol. Les techniciens Vélib effectuent ainsi 120 réparations quotidiennes et ce n’est pas suffisant pour que les 20 000 bécanes parisiennes soient toutes opérationnelles.
Équipez le cycliste.
On l’a dit : il est important d’être vu (vêtements clairs, équipements réfléchissants…), mais aussi d’être protégé.
Première chose, prenez garde aux manteaux longs et aux écharpes qui peuvent se prendre dans les rayons.
Pour la protection des pieds, évitez les tongs et les sandales. Tâchez de porter des gants qui protègeront vos mains en cas de froid l’hiver et en cas de chute en toute saison. Et puis il y a le casque, dont l’usage en ville suscite une polémique. Si tout le monde le recommande pour les enfants, la FUBicy (Fédération française des Usagers de la Bicyclette) est réservée sur le casque pour les adultes. Elle le préconise pour le vélo sportif (route ou VTT), mais ne souhaite pas qu’on le rende obligatoire. La FUBicy soutient que le casque n’est pas forcément adapté aux déplacements urbains et surtout qu’il est un frein au développement du vélo en ville. La Fédération s’appuie sur l’exemple de l’Australie. Depuis que le port du casque y est obligatoire, les déplacements en vélo ont diminué (- 30%) « La contrainte du port du casque a eu un fort effet dissuasif dans certaines tranches d’âge, en particulier chez les collégiens (-90% chez les jeunes filles de 10-16 ans). Bilan clairement négatif pour la santé publique : l’OMS, sur la base d’études cliniques menées dans plusieurs pays européens, estime qu’une demi-heure de déplacement à vélo par jour divise par 2 le risque de maladie cardio-vasculaire ». Et forcément ces déplacements ont été remplacés par des modes de transport plus dangereux, puisque, rappelons le, le vélo reste le moyen le plus sûr.
Et comme la sécurité des cyclistes est liée à leur nombre, mieux vaut éviter de légiférer sur le casque. Après débat, Zérotracas recommande ainsi son port et sa généralisation, qui semble réduire les risques de traumatismes crâniens. Mais sans toutefois demander son obligation. Ainsi nous en offrirons des centaines à Paris le 24 septembre.
Le vélo, ça s’apprend aussi.
Rappelez-vous vos premiers tours de roues… Ce n’était pas facile sans les stabilisateurs. Et ça ne l’est toujours pas pour les plus jeunes ! Le vélo défie les lois de l’apesanteur : il doit rouler pour ne pas tomber et sa conduite ne s’improvise pas.
Si vous n’êtes pas remonté sur une selle depuis vos 12 ans, il n’est pas inutile de réviser avant de vous lancer sur le bitume. Entraînez vous, sur un parking désert ou une rue calme, à manœuvrer : changements de vitesses, regards vers l’arrière en roulant droit, lâcher de guidon (d’une main), freinages d’urgence (apprendre à doser le frein avant), virages très serrés (bien utile pour éviter un obstacle), démarrages francs et sans zigzag… Normalement, les automatismes devraient vite revenir. Ne dit-on pas que le vélo, ça ne s’oublie pas ?
Et si vous êtes vraiment débutant, sachez qu’il existe dans certaines grandes villes (Paris, Montreuil pour être exact, Lyon, Marseille…) des vélo-écoles, souvent associatives, qui, en quelques heures et pour une poignée d’euros, vous initient à la conduite de la bicyclette.
Conclusion : pédalons !
Faire du vélo en ville, c’est excellent pour la santé et on respire beaucoup moins de CO2 assis sur une selle que dans une voiture. Pour faire moins de 3 kilomètres (la moitié des déplacements urbains), si on prenait le vélo plutôt que la voiture, les problèmes de pollution – y compris sonore - seraient quasiment réglés en agglomération.
Alors n’attendez plus, éventuellement en vélo électrique (1000 € environ), qui permet de venir à bout des trajets trop longs ou des pentes trop… pentues. De toute façon, avec la fin annoncée du pétrole et le balbutiement des énergies de substitution, il faudra se mettre à pédaler. D’autant que, rappelons le, la sécurité des cyclistes passe par leur nombre.
Restent toutefois de petites choses à régler : développer les pistes et bandes cyclables (que vous avez l’obligation d’emprunter s'il y a le panneau rond et un arrêté municipal le rendant obligatoire) et améliorer les liaisons entre centre-ville et périphérie, souvent sacrifiées à la politique du « tout-voiture » héritée des années 60 et 70. Quant au code de la rue, qui doit préciser les rapports entre les usagers de la voirie urbaine, on en parle beaucoup mais il reste à écrire…
Malgré tout, n’hésitez pas, quand c’est possible, à laisser la voiture au garage et à enfourcher un vélo. C’est dingue comme on voit la ville différemment et comme on se sent vite mieux. À condition de ne jamais relâcher son attention.
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Débattons du vélo en ville ! Sauf qu’il n’est pas toujours facile de rouler dans l’univers impitoyable de la circulation urbaine. Alors ? Comment se préparer à la conduite sans perdre la vie ? Comment bien se protéger ? On vous écoute sur le blog ZTBlog.com... |
RAPPEL DES PRINCIPAUX PANNEAUX "CYCLES"
Découché de cyclistes venant de droite ou de gauche

Piste ou bande cyclable conseillée et réservée aux cycles (début et fin)
Piste ou bande obligatoires pour les cycles (début et fin)
Accès interdit aux cycles
Pannonceau de catégorie cycle (la panneau au dessus concerne les cycles)
CONTACTS
www.fubicy.org. Le site de la fédération des usagers de la bicyclette. Plein d’infos, de manifestations (à vélo au travail, du 14 au 22 septembre) et de liens vers les initiatives des associations affiliées, notamment celles qui proposent des vélo-écoles. La FUBicy publie un magazine : « Vélocité ».
www.cyclurba.fr. Le site du vélo électrique.
www.villes-cyclables.org. Site des villes vélo friendly. Publie un magazine « Ville et Vélo », consultable en ligne.
www.af3v.org. Site dédie au développement des véloroutes et des voies vertes. Moins urbains donc, mais des idées de balades.
SPÉCIAL PARIS
www.velib.paris.fr : le site de Vélib, pour trouver les stations, s’abonner…
www.montreuil.fubicy.org : l’association Vivre la Ville en Vélo, basée à Montreuil à côté de Paris est membre de FUBicy. Elle organise une vélo-école samedi et dimanche matin pour les adultes novices. Tél : 06 06 59 82 72. Et merci pour son charmant accueil.
www.mdb94.org : l’association Mieux se Déplacer à Bicyclette doit prochainement développer dans le Val de Marne une vélo-école inspirée de celle de Montreuil.
Les Petits Vélos de Maurice : 139, bd Voltaire, 75011 Paris. Tél : 01 44 93 79 84. Sur rendez-vous, de jeunes handicapés réparent votre vélo. Jolie initiative citoyenne.














